ADILVA

Accueil > Français > Accueil > Actualités > Communiqué de presse de l’ADILVA -30 Mars 2020

Communiqué de presse de l’ADILVA -30 Mars 2020

Crise sanitaire liée au COVID-19 : Pendant le confinement, les analyses continuent dans les laboratoires départementaux d’analyses afin d’assurer la continuité de la chaîne alimentaire

lundi 30 mars 2020, par Adilva-animation

Les personnels soignants et les personnels des laboratoires d’analyses de biologie médicale sont au front et constituent le 1er rang face à l’épidémie de COVID-19 qui touche notre pays. Il est un 2ème rang de biologistes très mobilisés, celui des laboratoires départementaux d’analyses (LDA), dépendant des Conseils départementaux. Avec près de 4 500 agents répartis sur le territoire national, cette force de près de 75 laboratoires est actuellement à pied d’œuvre et assure la continuité d’un service public de l’analyse qui œuvre pour la protection des populations.

Extrait d’un message de la Présidente, Aurèle VALOGNES, adressé aux adhérents de l’ADILVA :
« La crise que nous traversons est terrible et aura de lourdes conséquences. Notre métier, nos enseignements scientifiques, notre for intérieur, tout nous pousse à être sur le front et à nous rendre utiles, là où nous pouvons l’être. La vie humaine est tellement plus importante que nos petits tracas quotidiens… Quand cette crise du COVID-19 sera dernière nous, nous serons fiers d’avoir collectivement pu montrer que nous avons été solidaires, professionnels et avons su répondre présents, dans la tempête.

Raison d’être de ce réseau de LDA
A l’instar du ministère de la santé, qui dispose des laboratoires de CHU, le ministère de l’agriculture prend appui sur un réseau de laboratoires publics :
• Nationaux, avec les laboratoires de l’ANSES (souvent Laboratoires Nationaux de Référence).
• Départementaux, effectuant les analyses de contrôles officiels décidées par l’État.

Ces LDA sont pour partie financés, depuis des décennies, par les Conseils départementaux, au service du bien commun et de l’intérêt général. Leur action collaborative a permis de maintenir un maillage territorial sur lequel s’appuie le ministère de l’agriculture. Celui-ci vise à garantir les mêmes obligations de service public partout sur le territoire.
Ce réseau sert notamment à dépister, sans délai, toute émergence de nouvelles épidémies tant dans la faune sauvage qu’au sein des élevages d’animaux de rente.
Il a également pour mission d’assurer la sécurité de la chaîne alimentaire en proposant aux services de l’Etat, aux industriels, aux restaurations collectives, aux artisans, aux circuits courts, etc… des analyses biologiques, virologiques, parasitaires et chimiques adaptées.

Des missions de service public
« Nos équipes font preuve d’un engagement et d’une responsabilité exemplaire car nous sommes en première ligne des acteurs publics, en tant que garants de la sécurité sanitaire alimentaire dans cette période de crise majeure », souligne Aurèle VALOGNES.

« Depuis l’annonce du confinement, nous sommes en ordre de marche et avons mobilisé nos équipes pour maintenir les activités urgentes et indispensables ».

Avec les multiples plateaux techniques dotés d’équipements de pointe et d’équipes pluridisciplinaires, les laboratoires départementaux représentés par l’ADILVA proposent une large gamme de services permettant d’identifier, de quantifier et de prévenir les dangers susceptibles d’affecter la santé humaine et animale :
 Prélèvements et analyses de laboratoire dans le domaine de la santé animale, de l’hygiène alimentaire, de l’eau, de l’environnement, de la qualité de l’air intérieur, de l’amiante, de la phytopathologie végétale, …
 Conseil et expertise en eau, environnement et hygiène, lutte contre le gaspillage alimentaire, production d’autovaccins pour le secteur de la santé animale, …

La totalité des LDA sont accrédités par le Comité Français d’Accréditation COFRAC, et régulièrement audités sur leurs capacités techniques et leur impartialité.

Sécurisation du processus de fabrication des denrées alimentaires par les LDA
Dès les premières annonces de restriction d’activité de la part du gouvernement, dans le cadre de la crise du COVID-19, les laboratoires départementaux se sont organisés pour maintenir un service public de l’analyse, notamment en ce qui concerne la sécurité alimentaire, tout en évitant la propagation du virus et en préservant la santé de leurs salariés.

Grâce aux capacités analytiques à leur disposition, les agents de ces laboratoires départementaux participent à la sécurisation du processus de fabrication des denrées alimentaires, enjeu crucial pour les filières d’approvisionnement et l’économie. Ainsi, le contrôle microbiologique de restaurations collectives, notamment à destination des hôpitaux, se poursuit. Il en est de même pour les produits issus des abattoirs, les produits de la mer ou encore les produits laitiers. Enfin et dans le cadre des échanges internationaux, les plans de contrôle de l’État pour l’import et l’export sont toujours assurés.

En aucun cas il ne faut baisser la garde, même en matière d’autocontrôles dans la filière alimentaire. Si les contrôles des critères d’hygiène des procédés peuvent être pour partie décalés dans le temps, à l’initiative des professionnels, tous les critères de sécurité microbiologique alimentaire doivent être respectés comme l’absence de Salmonella, Listeria, Campylobacter, …

Les laboratoires restent également mobilisés pour répondre aux questionnements et apporter tous conseils à leurs clients, en particulier les EHPAD qui s’inquiètent pour leurs pensionnaires particulièrement vulnérables au risque COVID-19.

Le réseau des LDA est suffisamment dense à l’échelon national, et avec les capacités nécessaires, pour offrir une alternative au cas où les laboratoires internes ne seraient plus en capacité d’assurer les contrôles nécessaires. Les personnels d’astreinte sont sur la brèche pour assurer avec détermination leur travail (sous assurance qualité, avec des mesures de biosécurité renforcées pour assurer leur santé et celle de leurs concitoyens). Ils peuvent d’ailleurs être mobilisés à tout moment, y compris le week-end par les services de l’État, lors de Toxi-Infections Alimentaires Collectives.

Collecte des échantillons auprès des professionnels prioritaires
Elément stratégique de la continuité d’activité, la majorité des LDA disposent d’équipes logistiques opérationnelles, avec leur propre flotte de véhicules, équipées d’enceintes réfrigérées. Les mesures de biosécurité renforcées mises en place permettent de poursuivre ce service rendu au public, tout en limitant la propagation du virus.

Santé des cheptels
Le réseau des laboratoires publics participe au maintien de la garantie sanitaire des cheptels, mission essentielle pour le ministère de l’Agriculture. Les prises de sang réalisées par les vétérinaires dans le cadre des prophylaxies décidées par l’État pour la surveillance des cheptels se poursuivent en mode dégradé. Les interventions non prioritaires sont reportées, mais sont maintenues les nécessaires actions avant mises en pâture et transhumances.

Les laboratoires départementaux ont tous à cœur, dans cette crise, de répondre présents pour éviter qu’à la pandémie du COVID-19 s’ajoute une autre crise sanitaire ou une rupture dans la chaîne alimentaire. Ils jouent le rôle local que l’on attend d’eux et sont même prêts, si nécessaire, à s’adapter aux besoins des populations et du corps médical (réseaux de confinement P3, de matériels d’extraction automatisés pour la biologie moléculaire et de thermocycleurs, d’automates pour la sérologie, etc…).

COVID-19 :
Mobilisation des LDA en dehors de leur champ habituel d’intervention.

Fabrication de gel hydroalcoolique
Certains laboratoires départementaux se mobilisent dans des domaines qui ne sont pas habituellement leur cœur de cible, comme la fabrication et la mise à disposition de gel ou soluté hydroalcoolique, pour les personnels prioritaires de leurs Collectivités (services à l’enfance, services aux personnes âgées ou en situation de handicap) mais également pour le milieu hospitalier et les SDIS. Une partie des capacités de production de milieux de culture pour les besoins propres des laboratoires ont ainsi été réorientées vers cette activité de soutien contre la crise sanitaire que notre pays traverse.

Un bataillon constitué de LDA, qui peut également être mobilisé, si le besoin s’en fait sentir, en renfort de la grande armée du milieu médical
Les LDA sont organisés en temps normal pour assurer les analyses de biologie moléculaire (PCR) et celles de sérologie en grand volume pour les espèces animales, en réponse aux commandes de contrôles officiels du ministère de l’agriculture, à la demande des professionnels dans le cadre de diagnostics, de plans de maîtrise et d’assainissement ainsi que lors des situations de crises sanitaires. Ce sont des millions d’analyses qui sont pratiquées chaque année, par ces laboratoires départementaux, au plan national.

Nombre d’entre eux ont des personnels formés et compétents dédiés aux zoonoses de classe 3 (influenza, brucellose, tuberculose, prions dans le cadre des encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles, …). Certains travaillent avec l’Institut Pasteur dans le cadre du diagnostic de rage. Ces laboratoires sont tous accrédités depuis plus d’une vingtaine d’années selon le référentiel international ISO17025v2017 sur lequel s’appuie le COFRAC (Comité Français d’Accréditation). Ils disposent de spécialistes en R&D ou, a minima, de capacités pour valider de nouvelles méthodes.

Ces laboratoires disposent de locaux de haute sécurité (NSB3 ou NSB2) et dans un élan de solidarité, sont prêts à se mobiliser en suppléance, selon le principe de subsidiarité, pour venir en appui des capacités actuelles des laboratoires d’analyses de biologie humaine.

Comme l’indique la Société Française de Microbiologie (SFM), « Face au défi du COVID-19, la microbiologie doit être une seule et même famille ». Ainsi, si cela s’avérait utile, en cas de saturation des labora-toires des Centres hospitalo-universitaires et des Laboratoires d’analyses de Biologie médi-cale (LABM), l’Etat pourrait compter sur les LDA pour compléter les besoins d’analyses de biologie humaine nécessaires pour sortir du confinement en toute sécurité.

Espérons ne pas être sollicités, ce qui serait le signe que la situation s’améliore grandement au bénéfice de tous.

Aurèle VALOGNES
Présidente de l’ADILVA
Tél : 02.43.56.47.18
Email : presidence@adilva.com

SPIP  |  |